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Libéralisme Classique

Pour une défense efficace des idées de liberté, le Collectif Antigone s’appuie sur le libéralisme classique et sur  l’Ecole Autrichienne pour la science économique.

1) Le libéralisme classique plutôt que le libéralisme « utilitariste ».

Schématiquement, le libéralisme peut se diviser en deux branches, qui bien que se rejoignant largement sur les conclusions, partent de deux visions différentes : le libéralisme classique et le libéralisme utilitariste. Historiquement, le libéralisme classique ouvre le bal en s’appuyant sur le droit naturel. Selon le libéralisme classique, le libéralisme c’est bien parce que c’est juste. Il est juste que les lois posées par les Etats respectent un certain nombre de grands principes (protection des droits naturels -liberté, propriété, sécurité-, respect des contrats, responsabilité) , principes découverts grâce à une réflexion sur la nature humaine. Et il se trouve dans un second temps que le respect de ces grands principes est utile, puisqu’il permet à la société de se développer de manière harmonieuse.

Le libéralisme « utilitariste » affirme lui, que le libéralisme, c’est d’abord bien, parce que c’est utile. C’est utile afin que les individus puissent « maximiser » leur bonheur et c’est utile pour que la société puisse croitre et se développer.

Les deux libéralismes partagent une grande partie des conclusions sur la place de l’Etat dans la société et dans la vie des individus, mais la teinte de leur discours peut sensiblement changer. Or depuis plusieurs décennies, c’est le libéralisme utilitariste qui mène la danse en France.

Et cela a plusieurs effets négatifs sur la défense du libéralisme :

a)       D’abord, les adversaires du libéralisme, bien que déclinant aussi leurs propositions sur un mode utilitaire, continuent de s’appuyer sur des grands principes : « Il n’est pas juste que la société ne soit pas égalitaire. » « Il n’est pas juste que chacun ne dispose pas des mêmes capacités. » « Il n’est pas juste que certains gagnent dix fois plus que d’autres. » « La justice sociale exige que.. » En refusant de s’appuyer sur les principes déontologiques du libéralisme classique, les défenseurs du libéralisme s’exposent à défendre leurs idées sur le terrain de l’adversaire. Le libéralisme est alors jugé au tribunal des principes de la social-démocratie ou du socialisme, et l’incroyable se produit : sur ce terrain, le socialisme est supérieur moralement au libéralisme. Le débat politique se réduit alors à « Accusé libéral, levez vous. Vous ne répondez pas aux exigences du socialisme, qu’avez-vous à dire pour votre défense ? ». Et l’accusé libéral, bonne pâte, explique que c’est son efficacité qui permet le mieux de remplir certaines exigences socialistes. C’est parfaitement exact, mais d’une part c’est admettre que les grands principes socialistes sont ceux devant lesquels toute doctrine politique doit être évaluée et cela empêche d’autre part en retour les militants libéraux de s’appuyer sur leurs principes pour défendre leur vision du monde.

b)       Le discours utilitaire donne au libéralisme une teinte « manager », « chef d’entreprise ». Puisque le libéralisme est utile, et que l’utilité passe par la croissance économique, tout doit être fait pour augmenter la croissance économique. Ce discours est d’ailleurs parfois teinté de petits relents de Saint-simonisme : l’Etat est chargé de diriger l’usine France, en favorisant tel grand groupe ou telles PME pour augmenter la production. Même s’il peut séduire un certain nombre de cadres, ce discours est anxiogène pour une immense partie de la population pour qui le libéralisme devient alors une sorte de complément politique aux ressources humaines de leur propre entreprise.

Défendre la liberté –y compris la liberté d’épargner, de produire et d’échanger- est compris par beaucoup de nos compatriotes à la condition que cette défense ne soit pas confondue avec le corporatisme. Il est juste qu’un entrepreneur ou un capitalisme soient libres –et responsables- d’agir. Mais il ne suffit pas d’être un entrepreneur ou un capitaliste pour être un porte parole ou un représentant  du libéralisme. Les entreprises qui disposent de subventions, de niches fiscales ou de privilèges réglementaires sortent du cadre du libéralisme. Le capitalisme de copinage doit être dénoncé avec autant de sévérité que la bureaucratie d’Etat. Les deux vivent de la même manière : le pillage légal.

Le Collectif Antigone s’appuiera résolument sur le libéralisme classique, d’autant que nous disposons d’une impressionnante bibliothèque d’auteurs classiques français, à commencer par Frédéric Bastiat ou Benjamin Constant. Le libéralisme classique n’est pas un produit d’importation chez nous.

2)       L’Ecole Autrichienne plutôt que la gronderie économétrique

Le discours économique se base souvent sur l’Ecole Néoclassique, dominante, caractérisée par une forte mathématisation et l’utilisation fréquente d’agrégats comptables. Nous pensons que cette vision, est largement coupée de l’unique moteur de l’économie : des individus qui agissent, échangent ou travaillent. Le discours libéral qui s’appuie dessus rend le discours économique parfois inexact et toujours anxiogène.

Le Collectif Antigone s’appuiera largement sur la vision de l’Ecole Autrichienne d’Economie de Hayek, Rothbard et Mises. Cela d’autant plus que l’Ecole Autrichienne et sa théorie des cycles offre une explication très convaincante de la crise que nous vivons aujourd’hui.

Elle a permis à un certain nombre de commentateurs de dénoncer, très en amont de l’explosion de cette crise, l’existence d’une bulle. Elle offre aussi un regard très critique sur les institutions encadrant l’activité bancaire et financière (banque centrale, soutien aux grandes banques trop grosses pour faire faillite).

Une large partie de la population, y compris les personnes sensibles à nos idées, sont choquées par ces entreprises soit disant « privées », les grandes banques, aux profits considérables dans les périodes fastes et soutenues par la banque centrale dans les périodes de vaches maigres. Cette vision est aujourd’hui assimilée à du libéralisme car tout ce qui touche à la finance et au monde bancaire est vu comme la quintessence du libéralisme. C’est bien sûr faux, ce secteur économique est sans doute, avec l’agriculture, l’un de ceux qui dépendent le plus de l’interventionnisme direct ou indirect de l’Etat. Les intérêts croisés des grandes banques privées et des Etats surendettés sont aujourd’hui tellement emberlificotés qu’une seule chose claire émerge de ces pelotes de laine : il est vital de retourner à des principes libéraux.

La crise monétaire que nous vivons –et les USA ne sont pas loin derrière- n’a pas d’autres issues qu’une stagnation de plusieurs décennies à la japonaise, ou un effondrement rapide et douloureux. Seules les solutions préconisées par l’Ecole Autrichienne nous permettront de sortir de cette nasse. (retour à la monnaie saine par l’abolition des banques centrales, retour des banques dans l’économie de marché, fin d’une économie basée sur le crédit fictif, retour aux investissements basés sur l’épargne réelle).

Soutenir à tout prix le système actuel interventionniste (en plus d’être à mon avis à côté de la plaque) est le meilleur moyen d’empêcher toute défense efficace du libéralisme pour de nombreuses années et de laisser les souverainistes comme les socialistes préconiser leur planche à billets, le protectionnisme ou leurs réglementations.

3) La crise de l’Etat-nounou

Cette crise est la crise de la social-démocratie. En tournant résolument le dos au capitalisme de connivence, en présentant le socle déontologique du libéralisme, le Collectif Antigone entend  proposer aux citoyens une alternative crédible au marasme actuel à des années lumières de la caricature du libéralisme présentée par ses adversaires et… ses faux amis.

http://www.institutcoppet.org/2012/04/26/aux-sources-du-modele-liberal-francais-1997-sous-la-direction-dalain-madelin/

Publié dans PageDeGarde

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